Le Retour du CES d’Olivier Ezratty et cinq start-up françaises

ecrans_video_CES_0Le 25 janvier dernier, dans le cadre du think tank Living Things, porté par Cap Digital et Systematic, Olivier Ezratty a animé son désormais traditionnel « Retour du CES ». Au menu : un tour d’horizon exhaustif et sans langue de bois des produits et technologies qui ont marqué le CES cette année.

Je suis toujours embêté quand on me demande les tendances : ce qu’il faut c’est explorer leurs détails, leurs facettes (…) Il faut faire la part des choses entre les tendances lourdes et ce qui relève du temporaire. Ce n’est pas toujours évident !

Depuis 2006, Olivier Ezratty se rend au CES et publie à son retour un rapport faisant état des tendances du salon annuel et intervient publiquement lors de conférences depuis 2013. Téléchargez l’intégralité de son rapport si ce n’est pas déjà fait, les 396 pages sont accessibles gratuitement !

Télécharger le Rapport CES 2017

Au cours d’une conférence de près de 2h30 à Bpifrance, Olivier Ezratty a présenté les marchés et secteurs clés représentés au CES cette année, les innovations, projets et technologies phares, la place de la French Tech sur le salon, les opportunités business pour les exposants et même un bêtisier.

Pour voir et revoir la conférence, rendez-vous sur notre playlist Youtube dédiée à cet événement.

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Grandes tendances et marchés clés du CES 2017

Sans surprise, l’intelligence artificielle domine cette édition du CES.

Cette année, les intelligences artificielles étaient partout et, bien qu’en nombre élevé, certaines IA se distinguent en donnant vie à des gammes entières d’appareils.

Parmi les stars des intelligences artificielles, Alexa d’Amazon semble avoir pris le pouvoir. De plus en plus de produits sont équipés de ce dispositif, assurant notamment une fonction plus ou moins poussée de commande vocale. Automobiles, robots conversationnels, objets du quotidien, les applications sont nombreuses. Oliviez Ezratty prévient : « Attention, les partenariats stratégiques annoncés sont très volatiles ».

Objets connectés : vous avez dit « IA washing » ?

Presque tous les objets connectés présentés au CES prétendaient être équipés d’une intelligence artificielle, mais qu’en est-il réellement ?

Difficile en effet de comparer les logiciels de machine learning utilisés tant ils sont nombreux et différents ; beaucoup sont accessibles en open source, sans réelle propriété intellectuelle associée au logiciel. La valeur de la technologie réside alors dans le nombre et la qualité des capteurs et surtout dans la quantité de données collectées. Olivier Ezratty décrit ce cercle vertueux : « Plus une société possède de clients, plus elle génère des données ce qui lui permet d’améliorer ses algorithmes et d’assurer un meilleur service auprès de ses clients. » Le marché des objets connectés subit une hyperfragmentation avec un nombre croissant de catégories de produits destinés au grand public, notamment dans le domaine de la cuisine ou des télécommandes. Difficile d’y voir clair entre les sociétés fabriquant un même produit.

Le sommeil, garant d’une bonne santé

1ere année d’existence du secteur « Sleeptech » au CES, un marché clé cette année.

La qualité du sommeil est en baisse, selon toutes les récentes études mondiales et les industriels ont bien pris la mesure de l’enjeu commercial que représente un produit capable d’améliorer significativement les nuits des consommateurs. 1er ennemi du sommeil : les ronflements de son partenaire. Oreillers rafraîchissants, capteurs sur la table de nuit ou dans l’oreiller, lits mobiles, bracelets envoyant une décharge en cas de nuisance sonore, la créativité était au rendez-vous cette année pour proposer un ensemble de solutions pour tomber dans les bras de Morphée… et y rester jusqu’au petit matin.

Un véritable bond en avant pour les technologies de réalité virtuelle

La VR a fait d’immenses progrès et elle compte bien s’imposer dans les années à venir.

Les possibilités en terme d’expérience de réalité augmentée et virtuelle sont vastes : des lunettes de type « coque à smartphone » aux casques intégrées avec champ de vision « naturel », le consommateur a l’embarras du choix. L’essor des appareils de retransmission s’accompagne d’innovations technologiques en terme de captation, ce qui explique notamment la prolifération des caméras 360°. La vidéo volumétrique (4D) semble avoir de beaux jours devant elle. Appliquée à des retransmissions d’événements sportifs, l’effet est bluffant !

Des véhicules électriques et autonomes

La batterie électrique se fait plus puissante et plus petite et les constructeurs travaillent le design de leurs véhicules.

Alors que la dernière édition du CES était marquée par l’omniprésence des hoverboards, la bulle semble avoir éclaté pour laisser place aux nombreux vélos et scooters électriques. Du côté des voitures autonomes, elles mènent une guerre sans merci et collectionnent les capteurs, notamment les capteurs LiDAR.

Pas encore de voiture volante mais des drones pour toutes les occasions

De nouvelles catégories de drones ont rejoint les rangs des objets volants du CES.

Beaucoup de drones destinés à un marché haut de gamme : drones à selfie, drones nettoyeurs, drones livreurs, et drone… pêcheur ! Oui, un drone qui va sous l’eau pour attraper des poissons.

Aucune révolution majeure chez les smart devices

Ordinateurs portables et smartphones peinent à se faire remarquer cette année.

Les smart devices n’ont pas radicalement changé depuis l’an dernier, malgré des améliorations notables des specs des smartphones, notamment les capteurs photo qui ressemblent de plus en plus à de véritables appareils photos. Certains sont même équipés de capteurs 3D conçus pour la réalité augmentée.

Du côté des ordinateurs  portables, ils sont en train de remplacer les tablettes tactiles, plus adaptés à un usage professionnel que ces dernières et plus maniables et pratiques que des ordinateurs traditionnels. Les disques durs SSD se font plus petits et plus puissants.

L’impression 3D, prometteuse mais réservée à un usage professionnel

Des innovations majeures chez les imprimantes 3D qui ouvrent des perspectives aux makers professionnels.

Contrairement aux annonces faites régulièrement par des constructeurs qui rêvent de les mettre entre toutes les mains, l’impression 3D est pour le moment inaccessible au grand public étant donné la complexité d’utilisation des machines. Olivier Ezratty a identifié deux grand progrès réalisés cette année : le développement des machines d’impression d’éléments métalliques et l’apparition d’imprimantes 3D multi-outils.

La TV, un « monde en déclin » ?

On se noie sous les sigles et les specifications techniques…

Les constructeurs vantent les capacités graphiques de leurs écrans, notamment en terme de qualité visuelle selon des critères de couleur et de lumière. Néanmoins, l’absence de vulgarisation auprès du consommateur l’empêche de différencier les appareils les uns des autres.


Etre une start-up de la French Tech au CES

Cette année, pas moins de 316 sociétés françaises, parmi lesquelles les 104 start-up franciliennes étaient bien représentées. 42 d’entre elles étaient exposantes à Futur en Seine entre 2014 et 2016 : un véritable tremplin pour ces pépites de l’Ile-de-France qui ont brillé cette année au CES, notamment Holi, PlumeLabs, Xooloo et Kolibree dont les produits ont été primés.

Exposer au CES est une aventure intense : de longues journées de pitchs auprès des nombreux visiteurs, de rendez-vous souvent aux quatre coins de Las Vegas, de communication auprès des médias. Une véritable préparation physique et mentale est nécessaires pour maximiser l’impact de ces quatre jours en tant qu’exposant sur un salon qui attire chaque année 175 000 visiteurs.

Ce 25 janvier dernier, Olivier Ezratty a convié cinq start-up remarquées dans les allées du CES et leur a offert de nous pitcher leurs projets :

  • Immersit : un dispositif qui fait vibrer votre fauteuil ou votre canapé au rythme de vos films
  • Orosound : un casque intra auriculaire équipé d’un réducteur de bruit actif contrôlable pour moduler le degré d’isolement de l’extérieur
  • Rool’in : une roue électrique transformant n’importe quel vélo classique en un vélo à assistance électrique
  • PK Paris : un bracelet connecté facilitant l’observance des diabétiques
  • Plume Labs : Flow, un capteur connecté analysant la qualité de l’air environnant

Ces start-up tirent un bilan très positif près d’un mois après la fin du salon. 

La Consumer Technology Association (CTA), organisatrice du CES, a permis à l’équipe de PlumeLabs de rencontrer le numéro deux de la United States Environmental Protection Agency, ce qui a offert à la start-up une formidable visibilité et, outre son CES Innovation Awards, lui a permis d’être classée dans le Top CES 2017 de nombreux médias internationaux. Romain Lacombe a présenté le prototype de capteur Flow qui sera beta-testé prochainement à Londres auprès de 100 personnes.

Stéphane Rachmul, CEO de Rool’in, dit avoir bien préparé le CES en amont en identifiant à l’avance les potentiels investisseurs et distributeurs, optimisant ainsi le temps du salon pour nouer des contacts utiles. Le CES a permis à Rool’in d’acquérir une belle visibilité auprès de la presse et la télévision internationales, mais également auprès des médias français.

PK Vitality, à l’origine une société spécialisée dans les wearables, a pu acquérir grâce à sa présence une crédibilité sur le marché de la santé avec son bracelet connecté. Luc Pierart, son CEO, dit recevoir depuis son retour en France des e-mails plein d’enthousiasme de potentiels clients. L’exposition médiatique a permis à la start-up d’acquérir des contacts ultra-qualifiés, clients, distributeurs et investisseurs.

Immersit est retournée au CES sur Eureka cette année pour présenter un produit en cours de développement et, selon les mots de Valentin Joubert, Design manager chez Immersit de « sonder le marché ». La majorité des projets présentés au CES sont encore à l’état de prototypes et ne seront pas disponibles avant une durée minimale de 6 à 12 mois. C’était le cas du dispositif de la start-up qui a séduit cette année un grand distributeur.

Orosound a réussi à positionner son produit sur le marché du bien-être pour se différencier des autres casques à annulation extérieure de bruit. Un grand distributeur américain spécialisé dans les fournitures de bureau, préalablement identifié par Agathe Gehin, responsable marketing et communication de la start-up, qui s’est dit prêt à distribuer le produit lorsqu’il sera commercialisé.


Pour aller plus loin…

Reportage de French Web sur le « Retour du CES » d’Olivier Ezratty
Compte rendu du « Retour du CES » par Living Things
Blog d’Olivier Ezratty