Snips lève 12 millions d’euros pour insérer la reconnaissance vocale dans chaque objet connecté

Spécialisée en intelligence artificielle, Snips vient d’annoncer une augmentation de capital de 12 millions d’euros pour accélérer son développement, et mettre le focus sur la commande vocale des objets connectés. En 2015, la start-up française réalisait un tour d’amorçage de 5.6 millions € auprès de Xavier Niel, Bpifrance et d’investisseurs américains –The Hive, Eniac Ventures, 500 startups, Brent Hoberman. 

Fondée en 2012, Snips choisit de rejoindre Cap Digital en 2014 pour bénéficier de son accompagnement, notamment sur ses travaux de R&D.  Elle est lauréate du Concours Mondial de l’Innovation dans la catégorie Big Data, pour lequel elle a reçu le soutien et le label de Cap Digital. 

Snips

Spécialisée en Intelligence Artificielle et objets connectés, la start-up française a pour ambition de permettre à chaque objet d’anticiper les intentions de son propriétaire. Depuis 2016, Snips décide de se concentrer sur la reconnaissance vocale appliquée aux objets connectés, pour permettre aux objets de comprendre des instructions orales. Elle développe ainsi une technologie concurrente d’Amazon Alexa, et propose aux entreprises d’inclure dans leurs produits un assistant personnel capable de reconnaître les ordres des clients. Sa plateforme vocale baptisée « Snips Voice Platform » travaille sur des objets qui vont de la smart home aux voitures connectées.

Grâce à l’intelligence artificielle, les objets vont pouvoir comprendre nos habitudes. Il ne sera plus nécessaire d’apprendre à s’en servir », explique Rand Hindi, co-fondateur et CEO de la start-up.

Une levée de fonds pour renforcer sa technologie…

Pour mener à bien ce projet d’envergure, la start-up lève 12 millions d’euros auprès de Bpifrance, Maif Avenir et du fonds coréen K-Fund  1, conseillé par l’ancienne ministre du Numérique Fleur Pellerin.

Snips veut fournir aux fabricants une technologie qui soit adaptée en termes de modèle commercial, et surtout en accord avec la nouvelle réglementation en matière de données personnelles, qui sera mise en place début 2018. Ce règlement européen pour la protection des données nécessitera le consentement explicite pour chaque usage d’informations.

Actuellement, l’approche de Snips permet déjà de concevoir des solutions plus respectueuses de la vie privée, car rien ne se retrouve stocké dans le cloud. Depuis sa création, sa méthode pour se différencier face aux géants technologiques est le « privacy by design« , c’est-à-dire la garantie que la plateforme n’aspire pas les données de ses utilisateurs. Dans les faits, Snips effectue le traitement des données vocales (reconnaissance vocale et traitement du langage naturel) sur l’objet lui-même et pas dans le cloud. La technologie de la start-up française est ainsi la première plateforme vocale au monde 100 % embarquée, ce qui lui permet de fonctionner sans connexion Internet (à l’inverse des solutions clés en main mises à disposition par les géants Amazon, Google, Facebook ou Microsoft, qui traitent les données dans le cloud et les conservent indéfiniment). Avec Snips, les intelligences artificielles sont entraînées et configurées pour chaque objet, puis stockées localement.

La voix est une donnée biométrique qui nous identifie de manière unique. Si l’on se fait voler notre empreinte vocale, il est impossible d’en changer », souligne Rand Hindi.

C’est pourquoi des solutions comme celles de Snips seront plus aisées à déployer. « Nous avons trouvé le talon d’Achille des Gafa et pouvons reprendre l’avantage », estime le co-fondateur. Très performante, la reconnaissance vocale développée par Snips atteint « 93% de taux de compréhension, davantage que les assistants personnels généralistes ».

… et accélérer son développement commercial

Pour diffuser sa technologie de reconnaissance vocale, Snips discute avec des opérateurs Internet, des fabricants d’automobiles, de robots et de PC, et les premiers produits sont attendus fin 2017. La solution sera vendue aux entreprises en fonction des volumes de produits, là où les géants de la tech facturent au nombre de requête. Les fabricants devront aussi inclure des composants de la puissance d’un Rasberry Pi (processeur 1GHz monocœur, 500 Mo de RAM) pour faire tourner le logiciel.

À ce jour, l’assistant de Snips comprend cinq langues – français, anglais, allemand, espagnol, coréen – et sera ouvert à d’autres. La start-up souhaite ensuite intégrer la synthèse vocale.

On s’est aperçu au niveau des usages que le besoin en interprétation des requêtes utilisateur est beaucoup plus important que celui des suggestions intelligentes, indique Rand Hindi.

La start-up emploie aujourd’hui une quarantaine de personnes et pour Rand Hindi, distingué en 2014 par le MIT Technology Review parmi les entrepreneurs de moins de 35 ans, « Notre but reste de faire disparaître la technologie grâce à l’intelligence artificielle » :

Crédit : Frenchweb

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